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Coups de coeur, coups de griffe des lecteurs

L'Amour est une île, de Claudie Gallay

Publié le vendredi 05 novembre 2010

Si vous avez aimé « Les déferlantes », il se peut que vous aimiez le dernier opus de Claudie Gallay, « l’amour est une île »… ou pas ! Ses précédents ouvrages proposaient une thématique récurrente ; esquissée dans « Seule Venise », prenant profondeur et subtilité dans « Les Déferlantes », la force des sentiments individuels et leur impact sur le monde étaient touchants, convaincants. Il était donc tentant de lire le dernier roman de cette auteur. Déception pourtant, sans doute à la mesure des attentes élevées du lecteur.

La ville d'Avignon est très présente dans « L’Amour est une île » mais elle est montrée sans âme, ou –peut-être est-ce pire – selon des stéréotypes touristiques ternes. Les actions des intermittents sont beaucoup décrites mais les artistes sont mis en scène comme des ectoplasmes. Le thème de la propriété intellectuelle des auteurs et du vol de création aurait pu faire un fil conducteur tendu, pourtant il reste anecdotique et son fondement (l’inspiration) mal mis en perspective. La souffrance des personnages (intense et insistante) n’est pas vraiment utilisée comme ressort narratif mais dirait-on comme illustration. La banalité ou l’ordinaire des maux humains ne font l’objet d’aucun recul apparent, le récit tout entier manque donc de hauteur, et surtout, on n’y retrouve pas l'exaltation subtile des « Déferlantes », ici les sentiments sont plats. L'univers du théatre, décrit certes de l'intérieur, est un peu réducteur, chargé de clichés ; l'idéalisme des personnages ne passe pas au lecteur.

Avec ce roman on revient donc à l'esquisse, à la narration mince des sentiments humains. Les personnages sont nombreux, parfois superficiels et on peine à s'y attacher. La tension dramatique est tellement étirée qu'elle produit l'effet inverse à celui recherché : on a hâte que le calvaire de Marie se termine. L’ ambiance pesante serait assez réussie si elle ne rendait pas les personnages antipathiques. En résumé, rien ne tient : les relations entre les personnages semblent factices, le texte peine à trouver sa cohérence, on ne s'attache pas vraiment aux personnages ni à l’histoire.

C’est dommage, car il y aurait des aspects intéressants : assumer la morbidité, creuser davantage le personnage de Marie hantée par la mort de son frère, débarrasser celui de la vieille dame des nombreux détails la concernant, décrire les lâchetés humaines et les malheurs individuels ou collectifs en les reliant aux personnages et aux situations… De trop nombreux personnages se révèlent en effet sans lien avec l'histoire ou même sans lien entre eux. Les répétitions et les boucles sont nombreuses, mais ne parviennent pas à redonner de la force à un « style » narratif pourtant affirmé précédemment.
Claudie Gallay ne veut peut-être pas se laisser enfermer, elle est libre ! croyons que « L’amour est une île » sera le trait d’union entre deux étapes de sa carrière.

Cote : R GALL

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