Coups de coeur, coups de griffe des lecteurs

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Coups de coeur, coups de griffe des lecteurs

Apocalypse Bébé, de Virginie Despentes

Publié le vendredi 19 novembre 2010

Avec Apocalypse Bébé, Virginie Despentes s’est fait plaisir, elle n’a de compte à rendre à personne et ça se sent : enfin une œuvre qui sort d’une manière efficace des clichés rebattus… en les rebattant justement ! Dans ce roman elle nous offre l’incarnation sans justification d’une façon de voir le monde, redistribuant les cartes à propos des marginaux, des drogués, des homos, des paumés, des ratés, des violents, des pervers, des lâches, des bourgeois, des arabes …

L’organisation narrative propose un découpage selon le point de vue de chaque personnage, sans tentative trop lourde pour créer du lien à tout prix. Comprendre c'est prendre l'ensemble et ici l'histoire n’est qu’un prétexte : une fille disparaît, sa famille engage une, puis deux détectives pour la rechercher, un polar sans réelle surprise, avec une fin de théâtre au sens où l'on n'y croit guère, disons que la fiction noire est assumée jusqu'au bout.
Mais l'enjeu est ailleurs. La multiplicité des points de vue sur la même histoire révèle des aspects profondément individuels, presque archétypaux. Elle permet à l'auteure d'entrer dans l'intimité souvent névrotique de ses personnages, avec causticité mais sans jugement. Les prénoms se succèdent, l'histoire se déroule et plusieurs strates de réalités apparaissent dont la plus frappante est la réalité sociale et politique.

Virginie Despentes écrit son roman sur un rythme binaire au tempo punk-rock, dont les composantes ne s’opposent pas mais au contraire se répondent, se frottent et parfois se heurtent au bénéfice d'un style assumé. Les pauvres, les riches, les femmes, les hommes, le sexisme, le racisme, Paris, Barcelone, le sexe, la sexualité, l’amour de soi, les sentiments. Il s’agit d’un travail affirmé, qui prend pour terrain le roman, détourne les poncifs de genre(s) et en joue abruptement. C’est donc aussi un point de vue féminin qui n’est pas gnan-gnan, enfin !

Méchant et sociétal, suffisamment subversif pour accéder à la consécration (prix Renaudot 2010) et suffisamment authentique pour incarner un point de vue singulier, Apocalypse Bébé est une démonstration : on peut réussir l’écriture d’un roman 'mainstream' sans larguer au passage ses convictions.

Cote : R DESP

Vos commentaires

1 commentaire déjà posté
Le dimanche 14 août 2011 à 06:00, par Destry
Kewl you suolhd come up with that. Excellent!

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