Un auteur angevin

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Un auteur angevin

Le texte de L’histoire des comtes de Dammartin n’était connu jusque récemment qu’à travers une unique copie anonyme réalisée entre 1504 et 1511 pour la seconde fille de Jean de Chabannes, Avoye. Cette copie est conservée à la Bibliothèque nationale de France (fr. 4692). Le manuscrit acquis par la bibliothèque d’Angers est l’exemplaire original de présentation de ce roman. Il s’ouvre sur un prologue absent de la copie de la Bibliothèque nationale de France, où l’auteur révèle son nom, Nicolas de Houssemaine.

Né près d’Alençon, Houssemaine est connu comme docteur régent de la faculté de médecine d’Angers de 1506 à sa mort en 1523. Fondateur et bâtisseur de la première chapelle de La Daguenière en 1518, il a été inhumé dans l’église Sainte-Croix à Angers (actuelle place Sainte-Croix) dans une chapelle pour laquelle il avait offert un vitrail le représentant au milieu des grands médecins de l’Antiquité.

On ne lui connaissait jusqu’à présent qu’une seule œuvre, le Régime singulier contre la peste, court traité de médecine, paru en 1514 et plusieurs fois réédité avec les œuvres de Jean Goevrot, médecin de François Ier. Le manuscrit d’Angers s’avère donc être la première œuvre du médecin Nicolas de Houssemaine. Il est destiné à l’un de ses patients, Jean de Chabannes, comte de Dammartin, qu’il veut remercier par ce livre de plusieurs de ses bienfaits.

La première page est enluminée d’une grande scène représentant Houssemaine offrant son livre à Jean de Chabannes. Cette peinture nous offre le plus ancien portrait connu de médecin et d’universitaire angevin.

Un hommage à son protecteur

Le premier possesseur de ce livre est Jean de Chabannes, comte de Dammartin. Il est peint sur la page de dédicace, trônant sur une grande chaire, au milieu des siens. Malgré ses deux mariages avec des femmes de sang royal, son parcours fait pâle figure à côté de la carrière prestigieuse de son père, Antoine de Chabannes, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, chef des Ecorcheurs, et l’un des plus grands capitaines et grands officiers des rois Charles VII et Louis XI.

Comme pour compenser sa mauvaise fortune, Jean de Chabannes se réfugie dans la gloire de ses ancêtres dont il fait exalter la vaillance à travers plusieurs livres manuscrits spécialement créés pour lui (conservés à la BnF et au château de Chantilly). Le récit écrit par Houssemaine est de ceux-là. Dans son prologue, l’écrivain annonce vouloir éclairer le comte de Dammartin sur les origines historiques de sa famille et sur sa parenté avec différentes familles royales.

De fait, le récit, présenté comme historique, est une version réduite originale d’une chanson de geste tardive, Theséus de Cologne, où de nombreuses intrigues s’entremêlent à la façon des développements les plus tardifs de la geste arthurienne. Cette œuvre met en scène, parmi de très nombreux personnages, un mythique Assaillant, comte de Dammartin, et son fils Guérard.

A la fin de sa vie, Antoine de Chabannes avait déjà fait réaliser pour sa propre bibliothèque un roman abrégeant l’histoire de Theséus de Cologne en la centrant sur la vaillance des premiers comtes de Dammartin (BnF, fr. 15096). Pour le fils d’Antoine, Houssemaine abrège encore l’œuvre. Sans omettre leurs exploits chevaleresques au service du roi de France, Clovis II, fils de Dagobert, il la centre davantage sur les alliances prestigieuses qui leur permettent de recevoir en récompense le comté d’Anjou, le royaume de Bretagne et de devenir, à la quatrième génération, héritiers de l’empire de Rome et des royaumes de Jérusalem et de Syrie.

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