Une œuvre d’art

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Une œuvre d’art

La reliure

La peinture de la scène de dédicace présente un livre relié d’un cuir rouge orné de simples filets estampés à froid. Etait-ce la reliure d’origine ou une simple fantaisie du peintre ? Toujours est-il qu’un document inédit de 1523 décrit la reliure telle qu’elle apparaît aujourd’hui.


La reliure d’ais (planches) de bois présente une exceptionnelle couvrure de la plus grande rareté, composée d’une alternance de six bandes de velours jaune et pourpre. L’emplacement de dix boulons métalliques aujourd’hui disparus se distingue encore. Ils protégeaient le velours de tout frottement.

Ce type de reliure appelé parfois de « velours bigarré » est des plus rares. Il n’est attesté que dans la bibliothèque royale. Très peu d’exemplaires subsistent.

Il est probable que cette reliure ait été commandée par Jean de Dammartin car elle offre un double rappel de la composition des armoiries de Jean de Dammartin (d’argent à trois fasces d’azur) et des couleurs héraldiques des armes aux fleurs de lys de sa seconde épouse, Suzanne de Bourbon-Roussillon.

Les pleines pages peintes

Le manuscrit conserve encore six pleines pages peintes. Sept autres ont malheureusement été arrachées, probablement avant la vente de 1836. Ces enluminures sont l’œuvre de deux peintres parisiens.

Le Maître d’Etienne Poncher est l’auteur des encadrements architecturaux de style encore très gothicisant malgré quelques premiers chapiteaux renaissants.

Les scènes historiées sont l’œuvre du Maître des Entrées parisiennes. Cet artiste prolifique, actif à Paris entre 1490 et 1520, doit son nom de convention à deux célèbres manuscrits qui ont servi à caractériser son style, l’Entrée de la reine Marie Tudor à Paris en 1514 (Londres, British library, Cotton Ms Vespasian B II) et le Sacre, couronnement, triomphe et entrée de Madame Claude de France en 1517 (BnF, fr. 5750).

Sorte d’émule et de concurrent de Jean Pichore, figure majeure de l’enluminure parisienne de l’époque, il aime créer des illustrations originales pour des œuvres littéraires ou historiques comme celles de Pétrarque, Marco Polo, l’Histoire de la Toison d’or ou le récit des funérailles d’Anne de Bretagne.

Son illustration de L’histoire des comtes de Dammartin offre un bel exemple de son inventivité. C’est également lui, en effet, qui, après avoir peint l’exemplaire d’Angers, a orné d’un cycle entièrement différent la copie de ce roman réalisée pour la seconde fille de Jean de Chabannes (BnF, ms. fr. 4692).

Généalogie de la reine Claude de France, peinte par le Maître des entrées parisiennes en 1517 (BnF, fr. 5750) / © Paris, BnF

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