De René d'Anjou à René de Lorraine

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De René d'Anjou à René de Lorraine

Epiphanie dans Bréviaire de René II de Lorraine. Enluminé par Georges Trubert, Lorraine, vers 1491-1495. Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, Rés. ms. 601. © Bibliothèque nationale de France.

Les livres des enfants et petits-enfants du roi René attestent de l’existence de liens avec d’autres foyers artistiques, parisiens ou lorrains. Ces liens sont cependant ténus. Jean de Calabre confie à un artiste de l’Ouest la décoration des pages les plus importantes de son livre d’heures acquis à Paris. Les ateliers artistiques locaux d’Anjou et de Provence sont bien la ressource majeure de la famille d’Anjou.

Paris attire aussi René II, petit-fils du roi René, pendant la période troublée de prise de possession de son duché de Lorraine, de 1473 à 1477, face aux ambitions du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, puis, de nouveau à la fin de sa vie, lorsqu’il ne disposera plus des peintres de son aïeul pour développer son mécénat bibliophilique. Dans ses relations avec le grand peintre parisien Maître François René II semble s’inscrire dans la tradition exigeante de son grand-père et encourage l’artiste à créer des compositions tout à fait exceptionnelles dans son œuvre. Cette même créativité se retrouve dans l’illustration des Jeux des échecs moralisés, commandée à un artiste dont l’ancrage géographique mal défini laisse transparaître des liens avec le monde germanique et dont le style est clairement tributaire de l’enluminure parisienne.

Faute de trouver en Lorraine des ateliers capables de répondre à ses exigences bibliophiliques, René II a recours aux peintres de son aïeul, Pierre Garnier d’abord, de 1481 à 1485, puis, surtout, Georges Trubert, qu’il fait venir d’Avignon et retient parmi ses familiers de 1491 à 1499. Actif auprès du roi René depuis 1467 en Anjou puis en Provence, ce dernier avait occupé dans les dernières années de la vie du souverain la place laissée par le décès de Barthélemy d’Eyck. Il retrouve auprès de son petit-fils un contexte culturel favorable lui permettant de renouveler rapidement son art, d’y développer ses compositions très monumentales et une palette extrêmement originale aux couleurs lumineuses et chantantes, dans une synthèse originale et personnelle entre l’art de Barthélemy d’Eyck, l’influence tourangelle et l’ouverture vers l'art de la Renaissance.


King René’s passion for literature and book arts, his special relationships with the artists have been an example for his descendants, particularly for his son Jean of Calabre and his grandson René II of Lorraine. René II is voluntarily in line with his grandfather’s tradition and develop his bibliophile patronage by commissioning innovative illustrations to workshops in Paris or recruiting former painters of King René. Among them, Georges Trubert offers the most unusual and personal synthesis between the art of Barthélemy d’Eyck, the influence of the artists from Touraine and the evolution towards the art of Renaissance.

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