Jeanne de Laval

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Jeanne de Laval

Pierre de Hurion (?), Regnault et Jehanneton. Dessins à la plume et aquarelle vers 1492-1495, d’après un modèle de Barthélémy d’Eyck. Exemplaire de Jeanne de Laval. Saint-Pétersbourg, Bibliothèque Nationale de Russie Saltykov-Chtchedrine, Fr.Q.p.XIV.1. © The National Library of Russia.

La seconde épouse du roi René, Jeanne de Laval, se distingue comme une princesse lettrée au rôle culturel réel. Dès son mariage, elle multiplie les commandes de livres auprès des ateliers de copistes, de peintres et de relieurs d’Anjou ou de Provence à qui elle confie notamment la réalisation de son psautier. Très attachée à ses livres, elle y fait peindre systématiquement ses armoiries ou les emblèmes de son amour conjugal comme le couple de tourterelles sur une branche de groseillier.

Sa collection montre un partage assez équilibré entre œuvres religieuses et profanes. Son intérêt pour les premières se manifeste aussi bien par la copie enluminée du Mortifiement de vaine plaisance composé par son époux deux ans auparavant, qu’elle commande en 1457, que par celle du Livre des Anges et la mise en prose du Pèlerinage de vie humaine, grand succès de la littérature médiévale, qu’elle confie à un clerc d’Angers en 1465. A la veille de la mort du roi, elle encourage la diffusion d’une Vie de saint Honorat dont elle fait copier et enluminer quatre manuscrits.

Son goût pour les sujets profanes et notamment la poésie n’est pas moindre : en témoigne sa commande d’un manuscrit d'Alain Chartier ou du poème pastoral Regnault et Jehanneton, qui met en scène les amours du couple princier. Sa bibliothèque révèle une inclination originale pour les traités didactiques ou politiques, ainsi qu’une attention aux œuvres historiques ou fictives qui promeuvent son lignage, comme le roman de chevalerie des Aventures de Baudouin de Gavre.

Comme Charles du Maine, elle sollicite des peintres déjà employés par le roi René, le Maître de son psautier et le Maître du Boccace de Genève, mais elle est également en relation avec des artistes sans doute tourangeaux, connus seulement par les travaux qu’ils ont exécutés pour elle, le Maître du Baudouin de Gavre et, peut-être, celui du Pèlerinage de Charlotte de Savoie.


Jeanne of Laval, second wife of René of
Anjou, shows a real and constant interest for the books. Her choices are varied, and far from being restricted to religious literature. They prove a true humanist culture that she has tried to pass down, through writing and picturing. She commissions the prose version of the Pèlerinage de vie humaine, and encourages works in honor of her lineage such as the courtly romance of the Aventures de Baudouin de Gavre.
Like Charles of
Maine, she employs the same artists as King René : the angevine painter of her psalter and the Master of the Geneva Boccaccio. But, she also promoted the creation of new cycles of images by artists from Touraine and Provence.

 

« A maître Gilles Renart, écrivain, (…) pour avoir fourni le parchemin, l’avoir réglé et avoir écrit des Heures qu’avons fait faire en notre ville d’Angers pour notre chère sœur Louise, et (…) pour l’or et azur qu’il a employé a faire le calendrier et les rubriques desdites Heures.

A Jehan Missant, enlumineur (…) pour avoir fait 15 histoires garnies de vignettes et de grandes lettres (…), 178 autres vignettes avec la lettre de chaque psaume du côté sans histoire (…), pour avoir peint d’azur et de rose le fond de 1398 petites lettres.

A messire Lorens, enlumineur de monseigneur en notre ville d’Aix, pour avoir fait une histoire de sainte Suzanne et la vignette alentour dans les Heures pour notre chère sœur Louise. (…)

A Balthasar Hirtenhaux pour une demi aune de velours noir (…) pour faire une reliure aux Heures de notre chère sœur Louise.

A Jacob Prast (…) pour une once cinq gros d’or à vingt deux carats pour des fermoirs qu’il a faits pour les heures de notre chère sœur Louise. »

Quittances d’un livre d’heures commandé par Jeanne de Laval, juin-juillet 1459.

 

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