Les livres de Charles du Maine

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Les livres de Charles du Maine

Flavio Biondo écrivant son histoire de Rome puis la dédiant au pape dans Flavio Biondo, De Roma triumphante. Enluminé par le Maître du Boccace de Genève, Angers, vers 1460-1465. Exemplaire de Charles III d’Anjou, comte du Maine. Lisbonne, Biblioteca nacional, Ms. il. 92. © Biblioteca nacional de Portugal.

Les proches parents du roi René ont partagé son amour des livres. Leurs collections sont mises en relation avec celle du roi dans la deuxième aile de la galerie.

La partie de la bibliothèque du roi la plus imprégnée de sensibilité « humaniste » aux auteurs antiques a été mêlée à celle de son frère, Charles, comte du Maine († 1473), au couvent des dominicains de Saint-Maximin en Provence, rendant difficile la distinction de ces deux collections. Charles manifeste un goût réel pour les textes rares, comme celui de Nicolas Triveth, ou nouveaux, comme celui de Flavio Biondo. Comme son frère, il sollicite aussi de ses peintres la création de nouveaux cycles d’images.

L’art du Maître de Charles du Maine, longtemps connu uniquement à travers des commandes du frère du roi, reste empreint des conceptions du style gothique international, notamment dans le traitement de l’espace intérieur et dans sa palette aux tons francs posés en aplats sans effet de profondeur. Aux antipodes de ce style, quoique contemporain, l’enlumineur qui renouvelle l’illustration du Livre des simples médecines témoigne par son approche « naturaliste » d’une adhésion au réalisme des grands maîtres flamands des années 1430.

Charles du Maine recourt enfin à un peintre angevin apprécié de son frère, le Maître du Boccace de Genève. Sensible aux atmosphères de Jean Fouquet et aux lumières de Barthélemy d’Eyck, dont il achève de peindre le célèbre manuscrit de la Théséide (Vienne), cet artiste cherche, sans renoncer entièrement à son tempérament gothique, à renouveler son style en allongeant ses personnages, qu’il habille volontiers à l’italienne, en s’inspirant des peintures du Strabon offert par le vénitien Marcello à René. Les lettres capitales romaines traitées en fort relief de ce même manuscrit l’ont également impressionné, et il en donne une réinterprétation originale dans ses propres manuscrits. Plusieurs œuvres de cet artiste ont été exécutées selon toute vraisemblance pour des princes de la famille d’Anjou sans qu’on puisse préciser davantage leur destinataire.


In the second wing of the gallery, the books of King René’s close relatives are connected with those of the King himself.

His younger brother Charles, earl of
Maine († 1473), shows a taste for rare or new texts. He shares with his brother a great interest for the renewal of gothic taste and for the creation of new iconographic cycles. Two painters worked almost exclusive for him : the Master of Charles of Maine and the Master of the Livre des simples. In the later years of his life, he took at his service the Master of the Geneva Boccaccio, an angevine artist equally appreciated by René and his second wife, Jeanne de Laval.

« Moi, René d’Anjou, votre frère, je vous fais savoir que connaissant depuis longtemps le plaisir que vous prenez à voir des images nouvelles et des écrits nouveaux, j’ai pensé rédiger pour vous un petit traité, aussi détaillé que j’ai été capable de le faire. »
René d’Anjou, Livre des tournois. Dédicace à Charles d’Anjou, comte du Maine.

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