La Bible de Saint-Aubin

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La Bible de Saint-Aubin

n° 1

Plus de deux cents manuscrits médiévaux de la Bibliothèque municipale d’Angers proviennent de la bibliothèque de l’abbaye Saint-Aubin confisquée en novembre 1789. L’un des plus prestigieux d’entre eux est la Bible dite de Saint-Aubin qui imite les grandes Bibles tourangelles de la Renaissance carolingienne.

Constitué en deux volumes de grand format, ce livre a nécessité environ trois-cent-dix-huit peaux de bêtes, sans doute d’ovins, pour sa fabrication. Chaque volume pèse une quinzaine de kilogrammes et mesure 50 cm de haut sur 37 de large et 18 cm d’épaisseur. La reliure, refaite au XVe siècle en cuir fauve sur des ais de bois, est protégée par des boulons et ombilics de cuivre qui évitent le frottement du plat inférieur sur la tablette sur laquelle il est rangé couché.

Le reste de l’ouvrage a posé de nombreux problèmes de datation. Après avoir longtemps cru qu’il avait été réalisé dès le IXe siècle, on admet aujourd’hui que l’écriture pastiche celle des manuscrits tourangeaux carolingiens du IXe siècle. Cet archaïsme volontaire vise à donner plus de prestige et de lisibilité à cette Bible monumentale qui est désormais datée de la fin du XIe siècle, d’après le style des grandes enluminures qui l’illustrent. Ces peintures pourraient avoir été réalisées par un certain Foulque, laïc chargé vers 1100 d’orner le monastère et ses dépendances de diverses peintures.

Le premier volume, contenant le début de l’Ancien testament, est exclusivement orné de grandes initiales de couleur où s’enchevêtrent de luxuriants rinceaux. Dans le second volume, la fin de l’Ancien testament et le Nouveau testament sont séparés par six pleines pages peintes des tables canoniques. Celles-ci, traditionnelles depuis le IVe siècle, donnent les concordances entre les différents évangiles. Ces pages sont suivies par un Christ en gloire trônant dans une double mandorle. La majesté de cette scène est exprimée autant par la rigueur du trait que par la sombre dominante bleu ardoise, typique de l’art roman angevin.

Des arcades en plein cintre ou en mitre redoublées encadrent les concordances canoniques (n° 2). Des peintures de faux marbres donnent un saisissant relief aux colonnes (n° 3). Celles-ci s’animent de nombreux atlantes, d’éléphants, d’ours et autres animaux plus ou moins fantastiques qui remplacent leurs bases et chapiteaux (n° 4). Au-dessus des arcs, des scènes de chasse ou de combat, comme celui du roi David avec un ours, évoquent le combat spirituel.

En haut des colonnes de l’avant-dernière arcade se trouve le motif du Spinario ou Tireur d’épine, répété deux fois (n° 1). Cette image s’inspire d’une très belle statue antique d’un jeune homme, assis sur un rocher, tout occupé à ôter une épine de son pied. Ce bronze, aujourd’hui conservé au musée du Capitole à Rome, était alors présenté au sommet d’une colonne devant le palais du Latran. Ce thème iconographique, fréquent dans l’art roman, n’a cessé d’être repris depuis la Renaissance jusqu’aux artistes contemporains comme Matisse. Dans l’art roman, il dénonce généralement la concupiscence et appelle à la mortification des sens. A la Renaissance, sa signification évolue en image de la concentration intellectuelle avant de servir à l’époque moderne et contemporaine d’étonnant modèle de grâce juvénile.

Expositions précédentes :

  • Bibliothèque nationale (Paris), 1954 (mss. 3 et 4) : exposition « Les Manuscrits à peinture en France du VIIe au XIIe siècle »

  • Musée du Louvre (Paris), 2004 (ms. 4) : exposition « La France romane »

  • Palais des Beaux-Arts (Bruxelles), 2007 (ms. 3) : exposition « Le grand Atelier, chemins de l’art en Europe (Ve-XVIIIe siècle) »

Légendes des images

n° 1 : Bible de l’abbaye Saint-Aubin. Le tireur d’épine, peint vers 1100. Manuscrit 4, fol. 207

n° 2 : Bible de l’abbaye Saint-Aubin. Tableau de concordance des Evangiles, peint vers 1100. Manuscrit 4, fol. 207

n° 3 : Bible de l’abbaye Saint-Aubin. Base d’une colonne des concordances, peint vers 1100. Manuscrit 4, fol. 207

n° 4 : Bible de l’abbaye Saint-Aubin. Eléphant et gallinacé portant les colonnes des concordances, peint vers 1100. Manuscrit 4, fol. 205

 

n° 2
n° 3
n° 4

Parcourir toutes les enluminures de la Bible de Saint-Aubin : 1er volume (ms. 3) ; 2e vol. (ms. 4)

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